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Un rêve d'enfant, cela se réalise à tout âge ... |
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J'ai
commencé l'athlétisme à 13 ans, en rentrant en seconde latine au collège
de Nivelles. J'avais terminé ma première latine sur un programme de
cours d'éducation physique axé exclusivement sur l'athlétisme au troisième
trimestre, merci M. Hublet. Ma persévérance m'avait valu d'être sélectionné
pour les inter-collèges sur la piste synthétique du Collège Christ-Roi
à Ottignies, un must pour l'époque. Eliminé sur trois nuls en hauteur,
j'avais gagné ma série du 150 mètres pour finir troisième au temps
(22"6, soit une seconde d'amélioration par rapport aux éliminatoires
des interclasses). Le virus était passé. Ce jour-là, j'avais été
impressionné par celui qui était la vedette de mon futur club, Alain
Darquennes qui réalisait un 23"0, son meilleur temps de l'année en
scolaire première année.
En
septembre 1975, je m'inscris au CABW, mon premier entraînement est donné
par Bernadette Chrétien, le lancement du disque bien sûr. Il y a aussi
un monsieur qui a l'air de tout diriger, il parle assez fort, harangue les
athlètes... c'est monsieur Noël, le directeur technique du club. Durant
le premier hiver, je dois mordre sur ma chique, car un de nos entraîneurs,
Christian Potvin, est un grand amateur de fonds (il finira marathonien),
et fait volontiers courir ses jeunes athlètes sur de longues distances,
ce qui ne m'amuse pas du tout... mais je persévère, car les crocus
apparaissent et les championnats du club sont organisés à Nivelles,
Braine et Waterloo, sur les trois pistes du club. Je découvre la saison
sur piste, sans performance grandiose, mais qu'importe. Pour les
interclubs, cadet, je dois jouer le bouche trou, et Noël me désigne pour
le 100 mètres haies. Je suis alors passé de deux à quatre ou cinq entraînements
par semaine, j'ai appris la rigueur, la technique et la persévérance
avec un entraîneur exigent, mais efficace.
C'était
en 1976, l'année de jeux de Montréal, celle dont je connais encore la
moitié des médaillés, tellement je les ai suivis et admiré: Dru,
Casanas, Crawford, Stones, Wzola, Van Damme, Juantorena, Litvinov, Walker,
Robinson, Viren, Jenner, Slusarsky,... et les femmes). Depuis lors, je
suis un fervent adepte de l'Olympisme et j'ai rêvé d'aller aux jeux, non
pas comme athlète, mais comme spectateur. Mon objectif était pour 1984,
à Los Angeles ... raté, ensuite, un méga plan pour Sydney 2000, raté.
J'espère que j'irai à Athènes en 2004 avec mon ami Eric athlète et
entraîneur Eric Mannaerts.
Mais
durant toutes ces années, un autre facteur est venu s'introduire dans le
jeu... ma longévité. Quand à 35 ans, je sautais toujours en longueur,
+/- 6M50 à moins de 20 cm de mon record toute catégorie, j'ai pris comme
objectif de sauter encore 6 mètres en vétéran, et de devenir champion
de Belgique, un titre que je n'ai jamais pu accrocher en catégorie d'âge,
devant me contenter des titres provinciaux et régionaux.
Un
concours gagné de haute lutte me donne d'autres perspectives... Les
championnats du monde vétéran. J'ai raté Sydney en 2001 (je n'avais que
39 ans), ce sera donc Puerto Rico en 2003, et non pas Vilvorde, comme Noël
me l'avait un jour dit avec son humour légendaire. Voilà que je commence
à préparer le voyage. Je trouve le site internet www.puertorico2003.org,
je reçois un superbe dossier, en français, SVP, et j'introduis ma
demande à la ligue belge d'athlétisme à la fin du mois de mars. Je
m'inscrit au 100 mètres et au saut en longueur.
A
première vue, c'est un super championnat organisé de main de maître par
les Porto Ricains, qui organisent très régulièrement des compétitions
sportives internationales. Le site internet est remarquable et les réponses
aux questions sont immédiates (vive l'e-mail). Il faut cependant tout
organiser soi-même car il n'y a pas de délégation belge officielle, car
tous les athlètes sont inscrits individuellement et doivent organiser le
voyage eux-même.
Ce
voyage représente un gros investissement, car Puerto-Rico est une
destination très chère, car non desservie d'Europe directement, il faut
transiter par les USA, et l'hôtellerie est du type "grand-luxe. Je
mesure la taille de l'événement, et j'emmène ma femme Dominique qui
saura apprécier l'île de Puerto-Rico, pas trop mal dans le genre paradis
au milieu des caraïbes.
De
retour en Belgique après une saison professionnelle passée
essentiellement en Italie, je parviens à m'entraîner une ou deux fois
par semaine, ce qui représente une grosse amélioration par rapport aux
20 entraînements que j'ai du faire en 2002. Un peu de saison hivernale,
finalement décevante, j'attaque la piste avec la longueur aux interclubs
toute catégorie et une performance plus qu'honorable. Les interclubs vétérans
me donne un gros stress, car je me blesse à la hauteur. Mais une
immobilisation maximum, un soin très particulier de ma kiné, Anne-Cécile,
et un bon diagnostic du docteur Renault me rassure et me remette sur pied
pour ma première sélection internationale, le match Belgique, France,
GB, Nord Pas de Calais. Je bas mon record du club vétéran de 1 cm à
5m97, avec une belle seconde place. Une meilleure planche et un vent qui
arrêtera de souffler de face me propulseront aux 6 mètres tant
attendus... ce sera pour Puerto-Rico.
Ce
matin, grosse émotion: la ligue belge d'athlétisme m'a envoyé par
porteur mon équipement: un training, un maillot, un t-shirt, un imperméable,
une casquette... le tout aux couleurs de l'équipe belge. Je ferai le
maximum pour porter les couleurs de la Belgique, ... et du CABW (l'économe
aurait-il un T-shirt du club pour moi ?)
Je
pars dimanche matin à la première heure. La cérémonie d'ouverture est
le 1er juillet, les séries du 100 mètres le 4 juillet, les éliminatoires
du saut en longueur le 6 juillet à 14h30 (je sens déjà la chaleur), et
la finale, qui est mon objectif ultime, le 8 juillet, en direct sur CNN et
Eurosport. Ceci était le préambule d'une chronique que j'essaierai
d'alimenter régulièrement.
DE LONGUEVILLE Bernard
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3
Juillet
2003 |
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Lundi
soir s`est déroulée la cérémonie d`ouverture dans le gigantesque stade
`Clemente`, nom du plus grand joueur de base-ball porto ricain. Le
base-ball est par ailleurs le sport le plus populaire dans l`état indépendant
associé de Puerto-Rico. Il s`agissait donc d`un stade de base-ball dote
d`une surface synthétique très très moelleuse,... surprenant.
Belgique,
petit pays et petites gens... disait Léopold II... alors que toutes les délégations
arrivaient ensemble dans l`euphorie générale liée a un tel avènement,
chaque équipe prenant des photos de groupe devant l`entre principale du
stade, je me mettais en quête de trouver mes compatriotes... je les
trouve à l`extérieur du stade alors qu`ils sont déjà positionnes en
bon ordre pour défiler dans le stade... la première vision de l`équipe
belge a bouleverse mes valeurs patriotiques, en effet, je vois toute l`équipe
`belge` en train de poser devant un drapeau `flamand`, leur survêtement
national étant aussi pourvu du même lion. En proposant de prendre la
photo pour que tous les athlètes flamands y figurent, les plus futés
auront compris que je désapprouvais ce comportement, ce qui était
aussi le cas de certains d`entre eux également qui me l`ont fait
savoir. J'ai décidé que cela n`allait pas gâcher ma soirée, et je
prends place en ordre utile dans le défilé qui s`ébroue. L`équipe
belge précédée de notre drapeau porte par un jeune Porto Ricain descend
dans le stade et le parcourt sur la plus grande partie de sa circonférence
pour prendre place dans les gradins. Une fois toutes les équipes rangées,
nous avons droit aux orchestres et danses porto ricains, hauts en couleur.
Les officiels ont droit a une pluie tropicale au milieu des discours, et
cela se termine joyeusement avec un feu d`artifice.
Je
ne peux passe sous silence la manière dont sont organises les transports
entre les hôtels et les sites de compétition qui sont au nombre de
trois. L`organisateur a réquisitionne les bus normalement affectes au
transport des écoliers, ces fameux bus jaunes interminables. Afin que les
athlètes n'arrivent pas en retard aux compétitions, il a été décidé
que ces bus devenaient prioritaires sur tout le trafic qui est assez dense
a San Juan, capitale de Puerto Rico. Donc, chaque bus est escorte par un,
deux, trois ou quatre policiers a moto... cela se passe dans la plus
grande tradition de `Chips` ou `Starky & Hutch`, toutes sirènes
hurlantes, arrêts de la circulation au milieu des carrefours, grands
gestes intempestifs, comme s`ils convoyaient Georges W Bush. Au final,
c`est très efficace, et ça fait rire tout le monde... sauf les vieux
chauffeurs de 60 ans et plus qui ne nous rassurent pas toujours par une
conduite a laquelle ils ne doivent pas entre habitues, leur mécanique non
plus sans doute.
La
compétition a commence pour moi ce 4 juillet par un 100 mètres qui
devaient entre une mise en jambe avant la longueur de ce dimanche. Avec la
seule ambition de battre le record du club (12`42), je pénètre dans la
chambre d`appel avec les 28 autres participants. Les séries sont formées
à cet endroit, et j`hérite du quatrième couloir de la première série
entre un américain et un jamaïcain... j`aime autant vous dire que je me
sens tout petit. La règle du second faux départ éliminatoire pour tous
les concurrents n`est pas d`application, et ils sont légions dans toutes
les séries. Pour moi, le troisième est le bon, et je termine quatrième
en 12`26, laissant un canadien et un Porto-Ricain derrière mois, mais
juste derrière le jamaïcain. Je sais que les trois premiers et les
quatre meilleurs temps sont qualifies pour les 1/2 finales... donc, j`espère...
ce a quoi je ne m`attendais pas, même si ma série a été gagnée en
11`28 par le yankee. Je scrute les temps des 4eme et 5eme, pour finalement
me retrouver 17eme et premier non qualifie... c`est finalement assez décevant,
d`autant que le vent était trop favorable, donc mon temps ne sera pas
homologue. Je me console en me disant que je n`avais plus couru aussi vite
depuis cinq ans, et c`est de bonne augure pour la longueur ou le vent sera
de face... et de dos en finale sur un autre stade.
Autour
de mes activités sportives, nous visitons un peu du pays, la vieille
ville de San Juan est très jolie, la piscine, la mer turquoise,... comme
sur les cartes postales.
Ce soir nous allons voir les finales du 100 mètres
... ça déménage très fort. Avec mes 12`26, je serais finaliste en 50
ans, podium en 55 ans et victorieux en 60 ans. Bref, je dois encore garder
mon niveau actuel pendant 20 ans pour entre champion du monde. Le sprint
semble aux mains des américains et des anglaises, avec leur look de mamy
qui vont prendre le thé. |

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8 juillet 2003
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Voila
des nouvelles toutes chaudes (et humides) de Porto Rico. Aujourd'hui c`est
Dominique qui vous envoie des nouvelles ... ne pensez pas que Bernard
s`est cassé le petit doigt à la longueur, mais comme cela ça variera le
style littéraire!
Les
nouvelles sont plutôt très bonnes, les nuages ont rendu la journée plus
supportable et le vent n'était pas trop défavorable! Le minimum requis
pour la finale était de 5m80 et Bernard a saute 6m02 des le premier
essai! Soit un nouveau record du club malgré un vent contraire de 1m85
... pas la peine de prendre des risques supplémentaires puisqu`il était
qualifie et donc un seul et unique saut a suffit ... on reconnaît la
force de Bernard de se surpasser dans de grands avènements! Le recordman
du monde (7m68), un noir américain de Salt Lake City, Aaron Samson, au
gabarit élancé impressionnait dans les gradins... mais notre petit Belge
a termine quatrième (sur 15) et tout reste à jouer dans la finale qui se
déroulera mardi dans le grand stade international de la capitale.... on
vous tiendra au courant!
Par ailleurs, notre petit pays a déjà récolte 6 médailles....
soit autant que nos voisins français, qui sont ici 4 fois plus nombreux!
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Enfin
le grand jour ...
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Voila,
le grand jour est arrive... j`arrive sur le stade Escobar, avec sa
magnifique piste à 8 couloirs et son très beau sautoir en longueur, où
le vent souffle de manière quasi constante a 4 mètres/seconde dans le
dos, voila qui me change des éliminatoires ou il était de face. Nous
allons sauter pour la victoire car aucun saut ne sera homologue.
Encore
une fois, l`effort le plus important est l`échauffement, car avec 33 degrés
a l`ombre et une humidité de plus de 80%, il est épuisant de faire des
efforts physiques prolonges. Toutes les épreuves de longue haleine sont
organisées le matin a 6h00 ou le soir... mais ici la finale de la
longueur est à 14h00... le soleil est au sommet, et a part sous les
tentes placées ça et là, il n'y a pas un cm2 d'ombre. Heureusement le
ciel va se couvrir et la chaleur sera plus supportable.
Nous
sommes onze rescapes des éliminatoires, le douzième ayant déclare
forfait pour cause de blessure. J`hérite du n° 10 pour les trois
premiers essais. Le concours pour le podium va rapidement être fixe, car
derrière deux américains, un hollandais saute d'emblée 6m52, qui se
transformeront plus tard en 6m72 et 6m92... voila pour la troisième place
qui est vite devenue inaccessible pour moi.
Je
saute 6m22 au premier essai, et je ne ferai pas mieux. Souffrant du talon,
je ne sauterai que quatre fois, toujours au-dessus de 6 mètres, avec un
très bon saut nul (mais les sauts nuls ne le sont-ils pas toujours ?). Je
termine ex aequo avec un Arménien qui saute dans le plus beau style soviétique
de Victor Emian, mais ma seconde meilleure performance étant meilleure,
j`empoche la quatrième place. Le concours sera remporte par Aaron
Sampson, le recordman du monde, qui a réalise 7m06, Gregory Foster
terminant second a 6m97. Voila un podium d`un très beau niveau, dont je
suis finalement très loin... en cm. Un très bel orage tropical tombe sur
le concours, et le vainqueur ne réalisera jamais son 6eme essai...
dommage, car son style était magnifique et il pouvait aller beaucoup plus
loin.
Outre
Dominique qui me supporte tous les jours (dans tous les sens du terme),
j`ai aussi reçu les encouragements d`une athlète belge, Edith Graff de
Dampicourt... elle vient d`égaler le record du monde de la hauteur dans
sa catégorie... une médaille en plus pour la Belgique.
A bientôt a Nivelles sur le stade... il faut préparer
les championnats de Belgique de septembre.
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